[LIVE] Neil Young & Crazy Horse au Théâtre Antique de Vienne (Alchemy Tour, 15/07/2013)
"On ne peut compter que sur soi"
C'est ce que pensait Joe l'Indien en entonnant les premières notes de "Heart Of Gold", son hit universel, alors qu'une nuée d'écrans tactiles illuminaient le théatre antique de Vienne. Pas possible en effet de compter sur le public, passablement anéanti par une première partie affligeante : quatre ados sortis de Nouvelle Star pratiquant un hard rock déjà dépassé il y trente ans en enchainant les poses et en finissant le set par un massacre organisé du Lonely Boy des Black Keys.
Pas possible non plus de compter sur la technique, entre un cadreur occupé à zoomer sur l'arrière du piano droit, et une sono incapable de trouver une balance correcte entre les guitares et la voix - celà malgré l'acoustique exceptionnelle du site...
Quant aux trois acolytes du Crazy Horse, que peut on leur demander de plus? La brave Molina martèle ses fûts comme un âne, rude à la tâche. Billy Talbot tient la basse , balançant des fondamentales plombées. L'ami Poncho envoie des power chords gras à souhaits. Bref, ils font le job.
Non, vraiment, la seule sur qui on peut compter, c'est cette brave Gibson, "Old Black". Attend un peu la fin de l'entracte acoustique , et je vais te me les réveiller à coup de riffs tonitruants et d'accords saturés. Une cavalcade électrique. Et que je t'enchâine dans un medley foutraque les "Ramada Inn", les "Joe & Moe The Sleeze", les "Sedan Delivery", sans même attendre que les applaudissements du public, réchauffé par ses hymnes punks. C'est qui, le parrain du grunge?
Bon, finalement, la soirée n'était pas si mauvaise... Le débonnaire Poncho commence même à se lâcher sur "Hey Hey My My", alors que le public est en liesse, même les hippies du premier rang, qui ont brandis un 33T de "Harvest" tout le set, dans les effluves de fines herbes.
Puisque toute le monde est chaud, on va offrir un petit rappel à pas piquer des hannetons : un "Fuckin' Up" d'anthologie, avec un solo vocal d'un Poncho Sampedro narquois, profitant des paroles ambigues pour taquiner le boss...
Un grand final, une grande soirée - manquant un peu des grands classiques du loner: pas de Cortez, de Hurricane, de Cinnamon Girl comme la veille en Suisse - mais pas mal d'extraits des grands albums du Crazy Horse quand même, de Rust Never Sleeps ("Powderfinger") à Ragged Glory ("Love and Only Love" en intro) en passant par le récent Psychedelic Pills, dont "Walk Like A Giant" et son final au larsen fut le sommet de ce concert.
Le final "Hey Hey , My My"
Un rappel cocasse "Fuckin'Up" ("enfoiré?")
Des photos dans le DauBé :http://www.ledauphine.com/isere-nord/2013/07/16/vienne-retour-sur-le-concert-de-neil-young-en-images#jimage=B113BE9B-ED70-4A33-BA45-25EE5E501A7A
Un bon compte rendu ici : http://www.lefigaro.fr/musique/2013/07/16/03006-20130716ARTFIG00497-neil-young-souffle-les-braises-des-ideaux-hippie.php
http://www.setlist.fm/setlist/neil-young/2013/theatre-antique-vienne-france-4bc6bf0a.html
